La dictature du bonheur au travail

bien-être ou bonheur au travail ? ou sommes nous hors sujet ?


Depuis quelques mois le Chief Happiness Officer est le nouveau métier incontournable. Toute entreprise où il fait bon travailler se doit de confier à cette personne le soin du bonheur de ses collaborateurs.
Comme la lecture des articles sur ce sujet ainsi que les nombreuses offres d’emploi de « CHO » m’énervaient passablement, j’ai été apaisée de croiser cette chronique sur La Vie (lire ici) et me suis mis au travail pour comprendre mon exaspération.

En effet, je suis très satisfaite que les DRH et les chefs d’entreprise s’inquiètent de savoir si leurs collaborateurs viennent travailler avec le sourire le lundi matin. Cela me semble même une question essentielle pour l’entreprise et notre société. Je souscris entièrement à la genY et l’ère du plaisir immédiat car je pense que ce plaisir va de pair avec le sens donné à tout prix à nos actions … même (et surtout pour des cadres ?! ) au travail. Je milite même auprès de mes clients pour que dans une entreprise de plus de 3 ans, où les personnes qui l’ont fondée ne sont plus quotidiennement présentes, les salariés puissent s’appuyer sur des Manageurs des Ressources Humaines.
Quelle différence alors avec des Manageurs du Bonheur ?!

 

Ne me promets pas le bonheur ...

Le plaisir et le partage sont de façon évidente des moyens d’être bien au travail. Alors oui les babyfoot, toboggans et petits déjs … peuvent être une condition du bonheur. Mais je me méfie des fausses promesses amplifiées par les classements aberrants qui loupent l’essentiel à mon goût… car le bonheur est personnel !

Dommage qu’il ne se livre pas avec le petit déj ‘-) Mais comme le bonheur est une affaire privée, si on a la chance de le partager en entreprise, c’est parce qu’il a été co-construit.

car le bonheur s’acquiert,

Et si lors du prochain petit déj dans votre entreprise, vous débattiez (ou fixiez ?!) ensemble des objectifs de « performance » et de « bien-être » pour votre société ?
La chance des entreprises à taille humaine est de pouvoir s’affranchir facilement des process et d’aplanir les organisations. Ce sens commun, ces responsabilités partagées renforcent l’implication de tous, valorisent les compétences de chacun … et mènent vers le bonheur collectif.

Pour « être bien » au travail vos collaborateurs doivent pouvoir mesurer leur contribution dans les réalisations de la société. En partageant l’ambition de l’entreprise avec le reste de l’équipe, ils choisissent de donner le meilleur d’eux-même.

et le bonheur s’apprend !

Les RH ont encore de beaux jours devant elles ! Tant de mentalités à changer…. Chez les jeunes « je peux être utile dès aujourd’hui à un projet d’entreprise ! »
Ou les moins jeunes « oui le bonheur a toute sa place dans le monde du travail ! »

Tant de manageurs, collaborateurs ou dirigeants à former et à coacher pour bâtir des organisations agiles, innovantes, et co-responsabilisantes !
Bref, je remplacerais bien quelques CHO par des « passeurs de bonheur », formés par l’Université du bonheur au travail (UBAT) lancé il y a deux ans par la fabrique spinoza ou des responsables des ressources humaines.

Et alors, au lieu de vouloir faire le bonheur des gens, on va pouvoir s’attaquer au véritable sujet : co-développer des sociétés dont les membres sont heureux de collaborer !

Partagez cet article sur :

Articles similaires :